Les 25 ans

de la Paroisse du Mont-Vaudois

 

Le Mont-Vaudois

 

Tout un symbole

La Paroisse, pour sa fête de 2001, a choisi le Mont-Vaudois pour se réunir:
Tout un symbole.

Ancien ouvrage militaire de cent ans d’âge, verrou sur l’axe Belfort, Besançon, notre devise camisarde " résister " s’adapte bien à ce lieu, donc à notre Paroisse.

Le Mont-Vaudois, avec ses 507 mètres d’altitude, domine tout le canton d’Héricourt, en faisant vis-à-vis au château d’Etobon, avec ses 575 mètres et créant ainsi un axe fictif où se répartissent, soit au Nod-Est, soit au Sud-Ouest, nos 12 clochers.

Pourquoi " Mont-Vaudois " ? Aucun rapport apparent avec les vaillants disciples de Piero Valdo. Que seraient-ils venus faire dans ces contrées sauvages vers 1180-1200 ? Leur action s’étendait plus au Sud, en Italie. Ayons néanmoins une pensée pour tous ces précurseurs de la Réforme, et pour leur massacre en Lubéron, en 1545.

Notre Mont-Vaudois n’en reste pas moins intéressant, la présence humaine y étant très ancienne. Lors des travaux du fort, entre les années 1873 et 1913, furent exhumés à plusieurs reprises des squelettes d’hommes brachycéphales, des outils et des armes en pierre polie (des haches, des pointes de lance et de flèches, des grattoirs, des couteaux en silex, des poinçons, des lissoirs en os et en corne. Tous ces objets sont de la période très ancienne de la pierre polie. En raison du grand nombre de sarcophages mis à jour, ce site servira de sépulture à ces populations.

Le Mont-Vaudois, c’est aussi un lieu de promenade privilégié d’où, par beau temps et après un orage, l’on peut faire un remarquable tour d’horizon, partant du Ballon de Guebwiller, en passant par le Chasseral, le Lomont, et finissant aux Alpes bernoises : Westerhorn, Schreckhorn (4078 m.), Finsteraarhorn (4274 m.), Eiger, Mönch, Jungfrau (4158 m.).

Sur ses pentes, au lieu dit " Les Vignes ", chaque famille avait son pied à terre et sa maisonnette, et en ce début de siècle, sans télévision ni voiture, c’était le but des sorties dominicales.

Lieu d’histoire. Sépulture, ancien camp retranché, ouvrage défensif construit en 1873-75, et amélioré en 1913, faisant partie de la grande ceinture de Belfort, face à l’Ouest.

Il est aussi entré dans l’histoire : deux messages personnels, le 23.08.44 et le 26.08.44, passés à la BBC, pour annoncer des parachutages dans la Drôme, les 7/6, 26/5 et 3/3/1944 sous la forme " Le Mont-Vaudois est près de la Rouchotte ", nous rappellent que des Héricourtois exilés ou réfugiés au pied du Vercors, dans les maquis, n’avaient pas oublié leur petit pays.

Le 19 Novembre 1944, entre 11 heures et 12 heures, 48 heures après la libération d’Héricourt, le Mont-Vaudois fut aussi un objectif de choix, toute l’artillerie de la 3e DIM, et de la 5e DB, renforcée par les Américains, fit un tir de concentration spectaculaire, mais sans plus, pour préparer l’assaut de l’ouvrage par le 8e Zouave, afin de faire sauter le verrou de l’axe de Belfort.

Et pour conclure, je cite Louis Renard, dans son ouvrage " Le Pays de Montbéliard " (page 214).

L’expression " Mont-Vaudois " aurait une origine curieuse mais incertaine. Au XVIe siècle et antérieurement, le mot " vaudé " désignait les sorciers et sectateurs du diable qui, selon la croyance populaire, tenaient leurs assemblées de nuit, parmi les clairières des bois, ou sur les collines.

Il se pourrait aussi que des Vaudois, l’ "Israël des alpes ", les Chrétiens évangéliques du Piémont, chassés de leurs vallées par l’intolérance des Ducs de Savoie (en 1148 sous l’influence du Pape Innocent III, puis sous celle de Louis XIV, lors de la révocation de l’Edit de Nantes, en 1685) réfugiés en Allemagne, particulièrement au Wurtemberg, fussent venus se fixer à Héricourt, fief de cet Etat protestant, au flanc de la modeste montagne qui porte aujourd’hui leur nom.

Ce sera ma conclusion, vous laissant sur votre faim de savoir.

Michel Roth

 

Sources :

- Histoire d’Héricourt Charles Canel
- Le Pays de Montbéliard Louis Renard
- Pour l’amour de la France Drôme-Vercors Ed. Peuple Libre
- Héricourt sous l’occupation, Pierre Haas
- La Haute-Saône VA. Malte-Brun
- Géographie du département de la Haute-Saône, A. Goanne, Hachette
- Guide géologique. Jura, Masson, 1975
- Les Vaudois G. Tourn, 1980

 

 

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