Une paroisse en vue :

Le Mont-Vaudois

Article paru dans l'Ami Chrétien
Mai 2001

 

AC : L'association paroissiale du mong-Vaudois a 25 ans. J'imagine que cette association résulte d'un regroupement de paroisses beaucoup plus anciennes.

MV : En effet. Notre paroisse s'organise autour des 12 clochers d'origine fondés à partir de 1561 dans la Seigneurie d'Héricourt. Il serait fastidieux de raconter ici les autre siècles d'histoire de la seigneurie puis du canton. Rappelons seulement qu'à partir de 1976, huit associations regroupant quelque 25 villages constituent la paroisse du Mon-Vaudois. Par la suite, en 1990, les huit associations ont été dissoutes pour n'en plus former qu'une seule.
De notre lointain passé subsistent quelques édifices comme le temple de Tavey ou   la vieille église d'Héricourt pour laquelle a été constituée une association «d'amis».

AC : Vous parlez de 25 villages, est-ce que vous vous considérez comme une paroisse disséminée ?

MV :  On peut parler de dissémination moyenne, mais il faut se méfier des termes. La dissémination pourrait signifier une plus grande difficulté à réssembler, alors que pour nous, elle provoque plutôt une dynamique : chaque village s'efforfce de maintenir ou de développer une activité ou une manifestation particulière, ce qui fait participer plus de monde. Par exemple, Trémoins se charge de la fête de l'été, Brévilliers celle des récoltes, et à Echenans se déroule la veillée de l'Ascension.

AC : Compte tenu de ces particularismes, comme s'organise la vie cultuelle ?

MV : Nous célébrons deux cultes par dimanche qui rassemblent une quarantaine de personnes. Sur 841 familles connues, cette participation paraît faible, mais nous constatons un regain d'intérêt, dû peut-être à une plus grande participation des jeunes.
En effet, une quinzaine de jeunes ont constitué un groupe très actif qui se réunit tous les quinze jours et participe au culte, notamment en animant la vigile pascale et deux veillées à Noël.
Nous avons bon espoir de pérenniser ce groupe car nous avons une bonne fréquentation du caté et de l'école biblique.  Il faut dire que l'accompagnement est de qualité puisque nous bénéficions de cin monitrices pour 25 enfants. Quant au catéchisme, il est assuré conjointement avec la paroisse de Clairegoutte et regroupe une vingtaine de jeunes.
Par ailleurs les jeunes fabriquent un cadeau de Noël pour les anciens de la paroisse et visitent les personnes âgées.

AC : C'est une bonne chose d'impliquer les jeunes dans la visite.

MV : Oui, la visite est une de nos priorités, elle est effectuée auprès des paroissiens par nos responsables des villages ; par ailleurs, une équipe se rend à l'hôpital et à la maison de retraite.

AC : Voilà quelques lieux de rencontres ; j'imagine que vous en avez d'autres.

MV :  Bien entendu, D'abord nous nous retrouvons pratiquement chaque mois autour d'un repas paroissial, préparé par des équipes bien rodées. Ensuite, il y a la chorale composée d'une trentaine de choristes qui chantent lors des cultes festifs, et vont égayer la vie des pensionnaires de l'hôpital ; elle fête cette année ses 90 ans (certains se souviennent encore de son fondateur, le pasteur Parrot qui baptisait avec l'eau du Jourdain). Enfin, il ne faut pas oublier les «Campenottes», le groupe de femmes du 3° âge qui rassemble une quinzaine de personnes autour d'un moment de culte et diverses réflexions thématiques.

AC : Je vois que vous avez à coeur de conserver des liens entre les paroissiens.

MV :  C'est sans doute pour cela que notre journal paroissial s'intitude «Dialogue» et que nous sommes la première paroisse de l'inspection à avoir lancé un site Internet. Depuis quelques années, nous nous sommes consciemment ouverts à l'extérieur ; c'est ainsi que nous entretenons des liens privilégiés avec les élus locaux ou les représentants de la presse, comme avec les communautés catholique et pentecôtiste. Dans son projet de paroisse, le conseil presbytéral rappelait d'ailleurs que nous sommes d'abord un lieu de parole et de partage.

AC : Faire un projet de paroisse, voilà qui démontre un certain optimisme.

MV :  Ne nous fermons pas les yeux. Nous avons de réelles difficultés financières, mais cela ne sert à rien de se lamenter. Peut-être faudra-t-il repenser notre organisation, demander plus aux laïcs, revoir notre animation financière. Cela n'empêche nullement  d'avoir des projets, ils sont le signe de l'espérance que nous plaçons en Dieu.

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