Prédication
de la fête du Mont Vaudois
13 mai 2001

 

 

Pasteur Albrecht Knoch


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25 ans, déjà ? 25 ans, seulement ?
25 ans, frères et sœurs, c’est long et très court en même temps.
Pour les confirmands de cette année, 25 ans, c’est plus long que toute leur vie, pour les aînés, c’est une autre étape de leur vie, les 25 ans représentant la moitié, un tiers ou encore moins de leur longue vie.
Enfin, 25 ans, comparé aux quatre siècles et demi d’existence de l’église luthérienne en notre région, 25 ans ne sont en effet qu’un tout petit moment.
Mais si on vous racontait de votre voisin qu’il était en train de construire sa maison, depuis .... 25 ans, on ne voulait pas le croire.


Et pourtant, c’est notre situation au Mont-Vaudois : La vie de la paroisse se construit d’année en année, comme pour construire une maison. Il y a un plan qui est là, nous assemblons des parties, et nous continuons de jour en jour, chacun et chacune, d’apporter sa pierre... Nous construisons notre maison sur un fondement qui est déjà posé, par Dieu, en Jésus-Christ.

Le fondement est donné et nous sommes en train de construire dessus, depuis 25 ans, et nous n’avons toujours pas fini ; C’est vrai pour toute communauté chrétienne : D’elle-même, elle n’est jamais terminée, mais elle vit de la promesse que Dieu y est à l’œuvre avec nous.

Ainsi nous construisons la communauté, pour en faire un véritable lieu de rencontres : Un lieu de rencontres entre nous et avec Dieu.

La cité sainte, la nouvelle Jérusalem dont parle le passage de l’apocalypse que nous avons entendu, elle, elle sera ce lieu de rencontres entre Dieu et entre nous, par excellence, où il n’aura plus d’entraves à cette rencontre. Mais nous le savons tous, que cette rencontre en entier, cette cité, elle est encore à venir.

Entre temps, nos paroisses sont un reflet de cette cité nouvelle et nous y vivons de la promesse de Dieu, qu’il est à l’œuvre avec nous et qu’il achèvera lui-même la construction.

Cela ne veut pas dire que nous n’avions plus rien à faire. Au contraire : la vision de la cité nouvelle que Dieu mettra en œuvre, nous mobilise et nous encourage à travailler pour aller vers ce but.

II.

Mais comment donc se vit-il en cette maison, qui est toujours en construction ?

Avec le fondement déjà en place, en Jésus-Christ, nous pouvons vivre dans une grande liberté.

Nous n’avons pas à fonder par nous mêmes et rechercher sans arrêt, ni le sens, ni le contenu de notre mission et de notre vie commune.

Construire sur ce fondement déjà en place cela permet de vivre dans une grande liberté, les uns envers les autres, et nous permet d’accepter nos différences comme une richesse.

L’unité fondamentale donnée, la diversité peut être vécue pleinement, sans remettre en cause l’ensemble.

La paroisse du Mont-Vaudois avec ses douze clochers en est un exemple : Unité et diversité vont de pair !

III

Oui, l’amour que nous avons les uns pour les autres, il est crée et nourri par l’amour de Dieu; et cet amour ainsi partagé peut devenir le signe de reconnaissance pour ceux et celles qui vivent autour de nous.

Pourtant, vivre dans l’amour ne veut pas dire que toute critique devait se taire.

Au contraire : Dans l’amour que nous avons les uns pour les autres, il y a de la place pour donner des échos, pour apporter une critique sur tel ou tel point.

Mais cela se vivra toujours dans le but de faire avancer la construction commune.

IV

Ainsi vécue, la vie dans la communauté chrétienne peut devenir aussi une interpellation aux autres.

Quand unité et diversité se complètent et s’équilibrent, quand la vérité est dite dans l’amour, il est vrai que ceci peut devenir comme un modèle pour d’autres.

La société, bien évidemment nécessite d’avoir d’autres fondements que l’Eglise, mais il est certain que c’est plus urgent que jamais pour nous que de trouver en société comment la diversité peut être vécue comme un enrichissement et non pas comme une remise en cause. de la cohésion de la société.

V.

Pour nous, qui nous sommes appelés à être constructeurs de la vie de notre communauté en continu, Jésus-Christ nous invite à le vivre dans cette grande liberté qu’il nous donne : Parce que nous sommes aimés, nous pouvons aimer, et devenir repère pour d’autres, par notre amour vécu dans la vérité.

Oui, Dieu nous invite à nous élancer dans cette construction continue, quand il nous dit :" Comme je vous ai aimé, aimez vous les uns les autres. "

Amen.