SALLES D'ASILE

 

img2.gif (49544 octets)

Le siège de notre association paroissiale a changé d'adresse, le 1 rue des Salles d'Asile est devenu, suite à une décision du conseil municipal d'Héricourt, 1 rue André Launay.

Il nous a donc été demandé de faire un petit rappel historique des Salles d'Asile, article que nous publions ci-dessous.

A l'origine, l'intitulé était au singulier, on parlait de la salle d'asile. Le bâtiment, relativement imposant, a été construit en 1860-1861. Il fut édifié sur un terrain acheté à M. Boigeol, d'après une promesse de vente en date du 25 avril 1860. Le 5 août 1860, la célèbre cantatrice Sophie Méquillet (1814-1889), d'origine héricourtoise, donna un concert à l'hôtel de ville, pour « aider à la construction de la salle d'asile protestante ». En effet, cette remarquable maison fut construite grâce à des dons particuliers et des concerts. L'inauguration a lieu le 14 juillet 1861. La dépense totale s'élève à 27000 francs.

C'est une institutrice diplômée qui ouvre sous sa responsabilité et dirige l'asile qui est alors une école enfantine. L'institution est surveillée par un comité indépendant du conseil presbytéral de la paroisse protestante. Cette dernière donne l'usage des salles au comité. Le bâtiment sert aussi d'annexe à la vieille église luthérienne pour le catéchisme et les séances presbytérales. Durant l'année 1873, un ouvroir est installé dans les salles de l'étage du bâtiment sur la façade duquel est inscrit « Salle d'asile », surmonté d'un petit clocheton. Même si les locaux sont entretenus par la communauté protestante, l'ouvroir est ouvert à tous. L'apprentissage de la couture, du tricot et du raccommodage y est dispensé. Mais « des lectures et des chants se mêlent agréablement aux travaux des jeunes filles. Cet atelier de couture rend de grand service à la population ouvrière », selon Charles Canel.

C'est au cours de l'année 1898, que l'ouvroir se transforme en une union de jeunes filles, intitulée « société de couture et de chant ». La vocation de cette société se révèle « d'intéresser les jeunes filles aux oeuvres de charité et de les développer au point de vue moral ». En 1898, elles sont 59 regroupées sous la présidence de Madame Lucie Mettetal, dont une très grande majorité d'ouvrières de fabrique. La même année, se constitue « L'union chrétienne de jeunes gens ». La salle d'asile devient donc un lieu de sociabilité de toute la jeunesse protestante de la ville qui profite, entre autres, du très beau jardin du lieu pour se réunir.

L'asile protestant ferme en octobre 1912, au moment de l'ouverture de l'école maternelle municipale.

Le bâtiment a aussi été le lieu de résidence d'une partie des pasteurs d'Héricourt.

Celui qui a laissé l'empreinte la plus forte est sans doute Charles Parrot. Il fut pasteur du lieu de 1911 à 1945. C'est donc dans ce presbytère que son fils, le célèbre pasteur luthérien, archéologue et directeur du Louvre, André Parrot (Désandans 1901 -Paris 1980), passa une partie de sa jeunesse.

Aujourd'hui, les salles d'asile sont le siège social de la paroisse luthérienne du Mont-Vaudois qui regroupe Héricourt et 25 villages des environs. Le pasteur et sa famille y sont toujours logés. Même si la cloche ne sonne plus, l'école biblique et le catéchisme s'y déroulent encore et les deux salles sont les lieux principaux des réunions paroissiales. La population luthérienne est certes, à l'heure actuelle, relativement peu importante à Héricourt, mais ce bâtiment de fière allure de même que la vieille église luthérienne, sont les témoins d'une très forte imprégnation protestante de l'histoire de la ville.

Sources